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Résumé

La nature et la dimension systémiques des enjeux sociaux et écologiques ne peut nous laisser indifférents. Tenter d’y apporter des solutions suppose d’une part que nous mobilisions un maximum d’énergies et d’intelligences, et d’autre part que nous optimisions ces solutions par la reliance, la collaboration.

 

La reliance des autonomies, des énergies, des motivations intrinsèques, des idées, des intelligences, des projets, des actions, des ressources, des compétences, en vue de répondre efficacement aux défis de notre siècle, nécessite que l’on fasse évoluer l’architecture de nos structures sociales :

 

Ouvrir les frontières de nos organisations, produire en commun, produire des communs, mutualiser, jouer sur nos complémentarités. Oeuvrer au développement d’écosystèmes d’acteurs et de projets, autonomes et reliés.

 

Il s’agit pour cela de concevoir, d’implémenter, d’expérimenter et de promouvoir : des outils, méthodes et protocoles de reliance dont nous croyons que la conjonction est susceptible de favoriser le développement de collaborations décentralisées à grande échelle.

 

Ces outils, méthodes et protocoles sont à la fois technologiques, culturels, sociaux et organisationnels. Ils nous apparaissent comme des chaînons manquants, susceptibles :

  • d’offrir une alternative à l’hyper-centralisation de nos sociétés
  • de nous doter d’une puissance d’agir comparable à celle des grandes entreprises, des états, des GAFAM…

 

Introduction

Dans le champ social, les logiques de collaboration se heurtent à la permanence de ce que nous appelons les « silos organisationnels » :

S’il est aisé de collaborer en leur sein (au sein des organisations), il s’avère plus difficile de développer des logiques favorisant la mutualisation et la construction de complémentarités entre organisations…

 

En encapsulant leurs Projets, Acteurs, Idées, Ressources (PAIRs), les organisations engendrent une forte fragmentation des dynamiques : Ne mutualisant pas, ne jouant pas sur leurs complémentarités, nombre d’acteurs développent en parallèle des projets pourtant similaires ou convergents. La fragmentation engendre ainsi la duplication des dynamiques, et de l’inefficience aux niveaux micro et macro.

 

Il existe un réel besoin de décloisonnement, de création de liens entre dynamiques afin de favoriser le développement d’approches écosystémiques.

 

Plusieurs enjeux en découlent :

  • Ne pas réinventer la roue, être économe, ne pas gaspiller, ne pas se fatiguer
  • Mutualiser, jouer sur les complémentarités, se renforcer mutuellement, et récursivement.
  • Se donner une chance de passer à l’échelle : Face aux géants du web ou de l’industrie, notre seule chance est de collaborer, en proposant donc une alternative au BIG : Le small-massive-interconnected – ou Small Local Open & Connected – qui constituent l’essence et la puissance des architectures pair à pair.
  • Être plus humain et plus éthique : Ne pas chercher à grossir, mais se relier entre humains et entreprises à taille humaine.
  • Être plus efficient : A la lumière du potentiel des architectures pair à pair, il semble que l’architecture actuelle du monde social dispose de marges de progression considérables.

 

Ces enjeux supposent eux-mêmes de travailler sur 3 axes :

  • Socio-culturel : Accompagner individus et organisations dans l’incorporation des logiques de collaboration en lieu et place des logiques de concurrence (Partie non traitée dans le cadre de ce module).
  • Organisationnel et juridique : Mettre en place des protocoles et règles permettant aux acteurs de collaborer, mutualiser, jouer sur les complémentarités : Gouvernance, méthodes et pratiques adaptées aux modes d’organisation en réseau / essaim / écosystème. Celles-ci intègrent nécessairement de justes mécanismes de contribution / rétribution / régulation ad hoc afin d’assurer la résilience des écosystèmes. D’où le #CodeSocial.
  • Technologique : Adopter et mettre en œuvre des protocoles, des standards sur le plan technique, afin de favoriser l’interconnexion des infrastructures, des systèmes d’informations, et par voie de conséquence, des dynamiques.

Les outils juridiques et organisationnels

Le PAIR à PAIR au service de la décentralisation des structures sociales

Introduction

PAIR est un acronyme signifiant : Projet, Acteur, Idée Ressource.

Aujourd’hui, ces derniers sont globalement encapsulés à l’intérieur des organisations, ce qui ne favorise pas leur mise en synergie par delà les organisations …

Nous parlons ici du PAIR à PAIR en tant que mode d’organisation conçu et développé dans le cadre de l’Assemblée Virtuelle.

Celui-ci s’inspire des principes du « peer-to-peer », issus du monde informatique, ainsi que de ceux de la combinatoire, à l’origine de l’aventure de l’évolution.

Projets, Acteurs, Idées, Ressources (PAIRs ) sont les « briques élémentaires » du modèle PAIR à PAIR.

Dotés d’autonomie, ils ont vocation à se lier et à se structurer entre eux afin de favoriser l’émergence de systèmes :

  • Systèmes d’acteurs, systèmes d’idées, systèmes de projets, systèmes de ressources.
  • Systèmes composés de projets, d’acteurs, d’idées et de ressources, autonomes et reliés.

Son objectif est de favoriser le développement de dynamiques collaboratives et d’approches écosystémiques, avec et par delà les organisations.

Pour aller plus loin , lire l’article consacré au modèle PAIR à PAIR.

 

Le #CodeSocial au service des communs entrepreneuriaux

Au niveau d’un écosystème, la diversité des ressources est – par définition – plus élevée qu’au sein de ses parties prenantes, prises individuellement. Le potentiel de mutualisation et de collaboration est ainsi plus important, ce qui doit permettre aux différentes organisations de gagner en efficience, en productivité, en opportunités.

 

L’établissement de règles claires et de principes opposables (enjeu du code social) est cependant nécessaire à la constitution d’un territoire de confiance permettant le développement de dynamiques alliant liberté d’initiative et collaborations croisées.

 

Nous listons ci-dessous quelques propriétés du #CodeSocial, favorisant le développement de collaborations entre les organisations :

  • Il permet de connaître, comprendre, s’approprier le “code source” des organisations jouant le jeu, en explicitant ce qui souvent est implicite.
  • Il permet l’holoptisme (la vue du tout). Au delà de la transparence, l’holoptisme permet à chacun d’avoir une conscience du tout… C’est l’une condition de l’intelligence et de l’action collectives.
  • Il permet le développement de collaborations saines et durables en évitant les imprécisions, les postures rhétoriques, les non-dits, les malentendus, les surprises …
  • Lorsqu’un code social est défini au niveau de l’écosystème :
    • Celui-ci pose un cadre, fixe des règles, délimite le périmètre de l’action, ce qui est attendu et ce qui est possible.
    • Il constitue un socle sur lequel peuvent se développer des dynamiques non-hiérarchiques, basées sur :
      • L’autonomie, les productions non-autorisées, l’expression de la créativité, l’accueil de la diversité.
      • La reliance, la collaboration, le travail en réseau, les approches agiles.

Licences libres et licences à réciprocité au service du partage de la connaissance

Creative Commons

Les licences Creatives Commons, mises au point par Lawrence Lessig et les membres de l’association qu’il a fondée, fournissent des outils juridiques pour régir le partage de la connaissance et des oeuvres de l’esprit.

 

Six possibilités existent, combinaisons de quatre pôles définissant les différents usages :

  • Attribution : signature de l’auteur initial (obligatoire en droit français)
  • Non Commercial : interdiction de tirer un profit commercial de l’œuvre sans autorisation de l’auteur
  • No derivative works : impossibilité d’intégrer tout ou partie dans une œuvre composite ; l’échantillonnage (sampling), par exemple, devenant impossible (sigle : ND)
  • Share alike : partage de l’œuvre, avec obligation de rediffuser selon la même licence ou une licence similaire (version ultérieure ou localisée)

 

Exemple de combinaison : Creative Commons BY-NC-SA, qui est la licence Attribution-Non Commercial-Partage à l’identique.

Coopyright – La licence du futur ?

Le but de la licence Coopyright est de pouvoir discriminer entre des entités commerciales de nature différente, en laissant un usage libre aux « coopératives » tout gardant la possibilité de soumettre à autorisation et à redevance les entreprises « capitalistes » classiques.

 

Pour aller plus loin, lire l’article de Lionel Maurel, l’un des contributeurs majeurs du projet.

La dimension technologique des synergies inter-organisationnelles

Les standards au service de l’interopérabilité des systèmes d’information

 

Nous nous intéressons ici aux protocoles d’interopérabilité techniques permettant la mise en synergie des systèmes d’information, des données et des communautés d’utilisateurs.

 

L’enjeu est de permettre à des plateformes web hétérogènes de communiquer entre elles grâce à l’usage de standards favorisant leur interopérabilité :

L’interopérabilité désigne la capacité de plusieurs systèmes d’informations à communiquer entre eux.

Celle-ci nécessite des protocoles de communication communs que nous nommons “Standards”.

Http est le protocole qui permet de lier des pages entre elles sur le web. Standardisé dans le cadre du World Wide Web Consortium (W3C), il est universellement utilisé sur le web.

 

En permettant une meilleure circulation des données sur le Web, l’usage des standards rend possible l’échange des savoirs, l’interconnexion des utilisateurs, la mutualisation des ressources entre les communautés, le développement de réseaux sociaux inter-communautaires. Nous détaillons cette enjeu dans la partie consacrée à la stratégie.

 

Le web sémantique au service de la reliance de tout

 

Le Web sémantique, ou toile sémantique, est une extension du Web standardisée par le World Wide Web Consortium (W3C). Ces standards encouragent l’utilisation de formats de données et de protocoles d’échange normés sur le Web, avec comme format de base le Resource Description Framework (RDF).  Wikipedia

 

Dans le monde humain, il faut que nous partagions un langage commun pour pouvoir nous comprendre.

 

Dans le monde des données, c’est pareil. Différentes données ne peuvent interagir qu’à partir du moment où elles partagent une grammaire (un format de données) ainsi que des vocabulaires (ontologies) communs ou alignés.

 

Le web sémantique fournit des standards pour structurer les données et bases de données sur le web. Ce faisant il permet aux systèmes d’informations (sites web, plateformes etc.) d’être interopérables : Ceux-ci peuvent interagir, échanger des données sans qu’il n’y ait besoin de les centraliser sur une même base de données.

Quelle est la différence entre le web et le web sémantique ?

  • Le Web : Des pages et des liens entre les pages.

    • Les pages sont des documents (HTML) .
    • Les liens (HTTP) ne portent aucune signification particulière si ce n’est « cette page est reliée avec cette autre page« .
  • Le Web sémantique : Des données et des liens entre les données.

    • Les données sont des choses du monde réel que les humains et les machines peuvent « comprendre » : Une personne, une organisation, un événement, un vélo (…).
    • Les liens portent une signification, que les humains et les machines peuvent également « comprendre », par exemple :
      • Tim Berners Lee « est l’inventeur du » Web sémantique
      • Audrey « est membre de » l’Assemblée Virtuelle
      • L’Assemblée Virtuelle « est interessée par » [le] Web sémantique

 

A l’image du web, le web sémantique fait l’objet d’un processus de standardisation au sein du W3C. L’enjeu est de proposer un format ainsi qu’un protocole d’échange de données standards sur le web.

 

Le web sémantique permet ainsi de relier des données entre elles, par delà les plateformes sur le web, par exemple :

 

  • Le profil de Guillaume situé sur guillaume-rouyer.fr, est lié au profil de l’association Assemblée Virtuelle situé sur virtual-assembly.org, via la relation “est employé chez”.
  • Le profil de Guillaume situé sur guillaume-rouyer.fr, est lié au concept de Web sémantique situé sur wikipedia.org, via la relation “a pour centre d’intérêt”.

 

Les technologies du web sémantique arrivent à maturité, elles ouvrent des perspectives considérables pour relier l’humanité.

 

Elles permettent d’envisager que le web en tant que web, devienne un réseau social, avec à la clé une multiplicité de propriétés combinées : L’universel et le particulier, le local et le global, l’éthique et l’efficience, l’autonomie et la reliance, le chaos et l’organisation, le simple et le complexe.

En conclusion

En combinant le potentiel du modèle pair à pair et des technologies du web sémantique, celui du #CodeSocial et des licences libres, nous pouvons envisager une sortie des des silos organisationnels et numériques.

Avec à la clé, une réorganisation du web et des structures sociales …

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